US Trends

pierre de coubertin

Pierre de Coubertin fut le grand artisan de la renaissance des Jeux olympiques modernes à la fin du XIXᵉ siècle, et l’une des figures majeures de l’histoire du sport et de l’éducation.

Qui était Pierre de Coubertin ?

Né en 1863 à Paris dans une famille aristocratique, Pierre de Coubertin est d’abord un pédagogue et historien passionné par les questions d’éducation. Il se forme notamment au droit et aux sciences politiques, et s’intéresse très tôt au lien entre sport, formation du caractère et vitalité des nations.

Dans les années 1880, il voyage beaucoup, en particulier au Royaume-Uni, pour observer comment les établissements scolaires britanniques utilisent le sport (rugby, sport scolaire organisé) pour former les jeunes. Convaincu que la France doit suivre cet exemple, il devient l’un des promoteurs de l’introduction du sport dans les écoles françaises.

La renaissance des Jeux olympiques

L’idée et le congrès de 1894

Coubertin ne naît pas avec l’idée des Jeux olympiques modernes, il y parvient progressivement à partir de sa réflexion sur l’éducation et l’internationalisme. À la fin des années 1880, il imagine que de grands Jeux internationaux pourraient servir l’entente entre les peuples tout en éduquant la jeunesse par le sport.

Point clé :

  • En 1889, il organise à Paris un congrès sur l’éducation physique lors de l’Exposition universelle, première étape de son réseau international d’éducateurs et de responsables sportifs.
  • Il passe plusieurs années à convaincre professeurs, dirigeants sportifs et personnalités politiques de soutenir un projet de Jeux internationaux inspirés de l’Antiquité.

Le moment décisif arrive le 23 juin 1894, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne à Paris, où il préside le congrès qui va décider de la renaissance des Jeux. Devant environ 2 000 personnes, sa proposition de rétablir les Jeux olympiques est acclamée et adoptée, fixant Athènes pour 1896 et Paris pour 1900 comme premières villes hôtes des Jeux modernes.

Fondation du CIO et premiers Jeux

Pour porter ce projet, Coubertin participe à la création du Comité international olympique (CIO) en 1894, dont il devient ensuite président (1896–1925). Sa mission déclarée est d’utiliser le sport pour « construire un monde meilleur et plus pacifique » par l’éducation de la jeunesse.

Quelques jalons :

  • 1896 : premiers Jeux olympiques modernes à Athènes, qui marquent le véritable lancement du mouvement olympique.
  • 1900 : Jeux de Paris, qui ancrent la dimension internationale des Jeux mais souffrent d’être noyés dans l’Exposition universelle.
  • Durant près de 30 ans, il façonne le programme, les règles et l’esprit des Jeux, souvent avec des moyens limités et des résistances politiques.

Sa vision de l’« olympisme »

Coubertin développe le concept d’« olympisme », qu’il définit moins comme un système rigide que comme un état d’esprit. Il insiste sur plusieurs idées fortes :

  • Le sport comme instrument d’éducation complète (physique, morale, intellectuelle).
  • L’internationalisme et le dialogue entre les nations par la rencontre pacifique des athlètes.
  • Le rôle central de la jeunesse dans la construction d’un avenir plus pacifique.
  • Une dimension culturelle et artistique, d’où les anciens concours d’art aux Jeux (littérature, musique, etc.).

Une de ses formules célèbres est :

« L’Olympisme n’est pas un système, c’est un état d’esprit. »

Cette idée continue de structurer le discours du CIO et des Jeux aujourd’hui.

Ombres et controverses

Comme beaucoup de figures de son époque, Coubertin porte aussi les limites de son contexte historique, ce que des travaux récents soulignent davantage.

Parmi les points souvent débattus :

  • Une vision élitiste : il s’adresse d’abord aux élites sociales et scolaires et valorise une éthique aristocratique du sport.
  • Une place restreinte pour les femmes : il s’oppose longtemps à une large participation féminine aux Jeux, ce qui ne sera corrigé que progressivement au XXᵉ siècle.
  • Des positions marquées par les idées de son temps en matière de nationalisme et de hiérarchies culturelles, même si son projet se veut officiellement pacifiste et universaliste.

Les historiens et les institutions olympiques actuelles cherchent plutôt à présenter un portrait équilibré : celui d’un visionnaire qui a profondément marqué le sport mondial, mais dont la pensée n’est ni parfaite ni totalement en phase avec les valeurs contemporaines d’égalité et d’inclusion.

Héritage et actualité

Coubertin meurt en 1937 à Genève, mais son nom reste attaché au mouvement olympique, même si le grand public connaît souvent davantage les Jeux que leur fondateur. Plusieurs distinctions perpétuent sa mémoire, comme la médaille Pierre de Coubertin et le Trophée Pierre de Coubertin, attribués pour récompenser l’esprit sportif et l’engagement olympique.

Aujourd’hui :

  • Le CIO et divers comités culturels publient, rééditent et commentent ses textes pour interroger ce que l’« olympisme » peut signifier au XXIᵉ siècle.
  • À l’occasion de Jeux récents (Tokyo 2020, Paris 2024), des articles et analyses reviennent sur sa « mémoire » et sur la façon dont ses idées continuent d’influencer (ou de contraster avec) les Jeux actuels, marqués par la mondialisation, les enjeux économiques et les débats sur les droits humains.

Au fond, Pierre de Coubertin est à la fois un réformateur de l’école, un stratège du sport international et un idéaliste qui a utilisé les Jeux olympiques comme laboratoire pour une certaine idée de la jeunesse et de la paix entre les peuples.

Information gathered from public forums or data available on the internet and portrayed here.