quand deux verbes se suivent le second se met à l'infinitif
La « règle » quand deux verbes se suivent, le second se met à l’infinitif est une simplification utile, mais elle est loin d’être toujours vraie et peut même être trompeuse.
Rappel de la règle (et de son côté pratique)
On enseigne souvent au primaire :
Quand deux verbes se suivent, le second (ou le troisième) se met à l’infinitif.
Elle fonctionne dans beaucoup de phrases simples :
- Je vais manger.
- Il préfère sortir.
- Nous voulons partir.
Dans ces cas :
- le 1er verbe est conjugué (vais, préfère, voulons)
- le 2e verbe exprime l’action visée et reste à l’infinitif (manger, sortir, partir).
Quand la règle fonctionne vraiment
Elle marche notamment :
- Après beaucoup de verbes de volonté, désir, goût ou projet
- aimer lire , détester attendre , vouloir partir , espérer réussir.
- Après des verbes de mouvement où l’infinitif exprime le but
- aller voir , venir aider , partir travailler.
- Après un verbe + préposition (à, de, pour, sans, avant de, afin de, etc.)
- commencer à travailler , décider de partir , partir pour étudier , sans parler , avant de manger.
Dans ces structures, dire que « le deuxième se met à l’infinitif » est globalement correct pour des phrases simples.
Là où la règle devient fausse
Dès qu’on passe à des phrases plus complexes, deux verbes conjugués peuvent se suivre, et la pseudo‑règle s’effondre.
Exemples classiques :
- « Qu’il soit venu surprend tout le monde. » → soit venu (subjonctif) + surprend (indicatif) se suivent, et les deux sont conjugués.
- « Je pense qu’il viendra manger. » → pense est conjugué, viendra aussi, puis manger à l’infinitif.
On trouve aussi des cas où le deuxième verbe n’est pas à l’infinitif mais un participe ou un autre temps :
- « Ayant fini, il partit travailler. » → ayant fini (participe), puis partit (conjugué), puis travailler (infinitif).
Les grammairiens rappellent d’ailleurs explicitement que la formule « quand deux verbes se suivent… » est une règle incorrecte si on la prend au pied de la lettre, car la syntaxe réelle du français permet la succession de plusieurs verbes conjugués.
Une astuce pédagogique… à manier avec prudence
Cette phrase est née comme mnémotechnique scolaire , pour aider à ne pas écrire « je vais mangé » mais « je vais manger » dans les phrases simples.
On peut l’utiliser comme astuce :
- Dans une dictée ou une phrase courte où un verbe conjugué est immédiatement suivi d’un verbe nu, penser « sans préposition ni pronom relatif » aide à choisir l’infinitif.
- Par exemple, on vérifie « je vais (quoi ?) manger » → infinitif, et non participe passé.
Mais dès qu’apparaissent :
- une subordonnée (que, quand, si, etc.)
- ou un pronom relatif (qui, que, dont…)
…il faut oublier la pseudo‑règle et analyser la phrase normalement.
À retenir
- L’infinitif est très fréquent après un verbe conjugué et/ou une préposition en français.
- La phrase « quand deux verbes se suivent… » est une approximation pédagogique , pas une règle grammaticale fiable en toutes circonstances.
- Pour être sûr, il faut toujours regarder :
- le rôle du second verbe (complément d’un verbe, tête d’une proposition, participe, etc.)
- la présence de mots charnières (prépositions, que, qui, dont…).
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