Les fonctionnaires contournent surtout la réforme des arrêts maladie en changeant le type de congé utilisé plutôt qu’en réduisant réellement leur absence.

Ce que change la réforme

La réforme des arrêts maladie dans la fonction publique vise à réduire la dépense publique en baissant l’indemnisation des congés de maladie ordinaire de 100% à 90% du traitement pendant les trois premiers mois, à partir de 2025. L’objectif affiché est de rapprocher le régime des fonctionnaires de celui du privé et de réaliser plusieurs centaines de millions d’euros d’économies par an, alors que le coût de l’absentéisme dans la fonction publique est estimé à environ 15 milliards d’euros par an.

Les principales stratégies de contournement

Selon les analyses de presse et d’experts, les agents publics ont adapté leurs comportements pour limiter la perte de revenu sans forcément réduire leur absence. Les principales stratégies évoquées sont les suivantes.

  • Déclarer plus d’« accidents de service » ou d’« accidents de travail », qui restent mieux indemnisés et ne sont pas touchés de la même façon par la réforme.
  • Recourir davantage aux « mi‑temps thérapeutiques », permettant de conserver tout ou partie du traitement en reprenant partiellement le travail plutôt que d’être en arrêt complet moins bien indemnisé.
  • Requalifier certaines situations en maladie professionnelle lorsque c’est juridiquement possible, car ce régime d’indemnisation est plus protecteur que le simple congé de maladie ordinaire.

Pourquoi les économies sont décevantes

Les économies attendues de la baisse d’indemnisation des arrêts maladie sont inférieures aux prévisions, justement parce qu’une partie des arrêts se « déplace » vers des dispositifs plus protecteurs. De plus, les opposants à la réforme soulignent qu’elle ne s’attaque pas aux causes structurelles de l’absentéisme (conditions de travail, sous‑effectifs, pressions hiérarchiques), ce qui limite son efficacité réelle.

Débat et critiques autour de ces pratiques

Les syndicats et de nombreux acteurs dénoncent une logique de « punition collective » qui pousse les agents à chercher des biais juridiques plutôt qu’à améliorer le fonctionnement du service public. Les partisans du durcissement, eux, mettent en avant l’alignement avec le privé et les chiffres d’absentéisme plus élevés dans le public, avec en moyenne plus de jours d’arrêt par agent.

TL;DR : La réforme réduit l’indemnisation des arrêts maladie ordinaires à 90%, mais beaucoup de fonctionnaires basculent vers d’autres statuts (accident de travail, maladie pro, mi‑temps thérapeutique), ce qui limite les économies attendues et alimente un débat vif sur l’efficacité et la justice de la mesure.

Information gathered from public forums or data available on the internet and portrayed here.