Trump a fait capturer Nicolás Maduro en présentant l’opération comme une combinaison de lutte antidrogue, de réponse à une crise migratoire et de renversement d’un dirigeant jugé illégitime et dangereux pour la sécurité des États‑Unis. Ces raisons officielles s’entremêlent aussi avec des enjeux géopolitiques et pétroliers, ainsi qu’avec la politique intérieure américaine.

Contexte rapide

  • Donald Trump est revenu au pouvoir en 2025 et a rapidement durci le ton contre le régime de Maduro, déjà sous sanctions et sous inculpation américaine pour « narcoterrorisme » depuis 2020.
  • Depuis la fin 2025, Washington avait massé une importante force militaire près du Venezuela et augmenté la prime pour la capture de Maduro à 50 millions de dollars, avant de lancer une série de frappes et l’opération commando qui a abouti à sa capture.

Les raisons avancées par Trump

1. Accusations de narcotrafic et de « narcoterrorisme »

Trump et son administration décrivent Maduro comme le chef d’un vaste réseau criminel qui inonderait les États‑Unis de drogues.

  • Maduro est inculpé aux États‑Unis depuis 2020 pour narcoterrorisme, et Washington affirme qu’il a utilisé l’appareil d’État pour faciliter le trafic de cocaïne vers le territoire américain.
  • Le gouvernement américain le présente comme le « roi » d’un cartel d’État et l’accuse d’entretenir ou de couvrir des liens avec des gangs violents comme le Tren de Aragua, même si certaines analyses soulignent que la réalité de ces liens est plus nuancée.

2. Crise migratoire et pression politique intérieure

Trump relie directement Maduro à l’arrivée de centaines de milliers de migrants vénézuéliens aux États‑Unis, un thème très sensible pour sa base électorale.

  • Il accuse Maduro d’être responsable d’un exode massif, qui a poussé près de 8 millions de Vénézuéliens à quitter le pays, dont beaucoup ont tenté de rejoindre les États‑Unis.
  • Dans son discours, la capture de Maduro est justifiée comme une façon de « stopper le flot » de migrants et de criminels supposés venant du Venezuela, et donc de protéger la sécurité intérieure.

3. Légitimité contestée de Maduro

Washington ne considère pas Maduro comme un président légitime.

  • Les autorités américaines rappellent régulièrement que les élections présidentielles vénézuéliennes de 2018 (et plus récemment celles de 2024) sont jugées frauduleuses ou non libres par une grande partie de la communauté internationale.
  • Trump présente donc l’opération non comme un coup d’État classique, mais comme l’arrestation d’un « dictateur illégitime » déjà mis en accusation par la justice américaine.

4. Enjeux géopolitiques et pétroliers

Derrière le discours sur la drogue et la démocratie, il y a aussi des intérêts stratégiques et énergétiques.

  • Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, et Trump a déjà affirmé que Caracas avait « volé » le pétrole américain en nationalisant le secteur et en saisissant les actifs de compagnies des États‑Unis.
  • Des responsables américains laissent entendre que Washington veut « reconstruire » l’industrie pétrolière vénézuélienne et indemniser les entreprises touchées, ce qui laisse penser que le contrôle des ressources a pesé dans la décision.

5. Volonté de faire tomber un symbole régional

Maduro est vu par Washington comme une pièce clé d’un « axe socialiste » en Amérique latine, aux côtés de Cuba et du Nicaragua.

  • Des conseillers de Trump, comme Marco Rubio, plaident depuis longtemps pour un renversement du régime afin d’affaiblir les gouvernements de gauche jugés hostiles aux États‑Unis.
  • L’opération envoie un signal à d’autres dirigeants de la région, en montrant que Washington est prêt à utiliser la force contre ceux qui, selon lui, menacent ses intérêts ou hébergent le crime organisé.

Ce que Trump dit qu’il veut faire maintenant

Après la capture, Trump a déclaré que les États‑Unis allaient « diriger le pays » temporairement, le temps d’assurer une transition.

  • Maduro et son épouse sont, selon les autorités américaines, détenus sur un navire militaire en route vers New York pour y être jugés.
  • Certains responsables républicains évoquent une sorte d’administration de transition soutenue par Washington, mais sans plan détaillé ni consensus international clair, ce qui nourrit les critiques sur le caractère unilatéral et risqué de l’intervention.

Les critiques et les zones d’ombre

Même parmi les experts occidentaux, l’opération soulève de nombreuses questions.

  • Des analystes soulignent que si le régime de Maduro est autoritaire et corrompu, les preuves qu’il dirige personnellement un cartel de drogue ou un gang comme le Tren de Aragua sont loin d’être aussi claires que le dit Trump.
  • Des ONG et des gouvernements étrangers dénoncent une attaque militaire qui a provoqué des victimes civiles et plongé des quartiers de Caracas dans le noir, s’inquiétant d’une escalade et d’un précédent dangereux pour le droit international.

En résumé, si la ligne officielle est la lutte contre la drogue, la criminalité et un dirigeant jugé illégitime, l’opération s’inscrit aussi dans une logique de puissance américaine, de contrôle des flux migratoires et de compétition pour les ressources et l’influence en Amérique latine.

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